À quelques jours du départ

« Faire des voyages me semble un exercice profitable. L’esprit y a une activité continuelle pour remarquer les choses inconnues et nouvelles, et je ne connais pas de meilleure école pour former la vie que de mettre sans cesse devant nos yeux la diversité de tant d’autres vies, opinions et usages. »

Ce n’est pas moi qui le dis, mais Montaigne.

Partir n’est jamais facile. À chaque nouveau départ, il faut tout recommencer à zéro, ce qui peut s’avérer effrayant et épuisant. Mais une fois que l’on y a goûté, il est difficile de s’en passer. Partir pourrait donc être classé comme une drogue, mais une bonne drogue.

Je m’appelle Nicolas, et après deux séjours longue durée en Chine, je m’apprête à m’envoler dans quelques jours pour les États-Unis afin d’y passer une année en tant qu’assistant de Français (FLTA), comme 26 autres de mes compatriotes.

© Nicolas Wasilewski

Traverser l’Atlantique, d’autant plus pour une période prolongée, ne s’improvise pas. Avec du recul, je réalise que cela fait presque un an que je prépare ce nouveau déracinement. Car c’est à la fin du mois d’août 2014 que la Commission franco-américaine a ouvert les inscriptions pour le programme Fulbright FLTA pour l’année 2015-2016. C’est à la fin du mois d’août 2014 que j’ai commencé à m’imaginer passer une année sur le territoire américain.

Soyons honnêtes, avoir la chance de s’envoler pour les États-Unis dans le cadre de ce programme se mérite. On ne se pointe pas deux jours avant la clôture des inscriptions en se disant : « Tiens, j’ai peut-être envie de partir ». Les étapes d’inscription, de pré-sélection, et de sélection sont longues et nécessitent une vraie motivation. Dossiers, lettres de référence, test de langue, entretiens ont ainsi ponctué mon agenda durant plusieurs mois. Mais la récompense à la clef est belle.

Je pourrais résumer les préparatifs de ce départ en ces termes : beaucoup de papiers, dont on ignore parfois l’importance capitale avant de se rendre compte qu’on en a terriblement besoin ; des réceptions où l’on a le sentiment d’ouvrir des portes pour entrer dans une grande famille ; et bien sûr, à quelques jours du départ, des angoisses monstrueuses quand il faut songer à condenser une année de vie dans une valise ne pouvant excéder 23 kg (angoisses qui peuvent se résoudre aisément en se disant que les États-Unis sont un pays civilisé où les chances sont raisonnablement importantes d’y trouver ce dont on a besoin, et qu’il est donc inutile de payer les exorbitants frais d’excédents de bagage pour être autorisé à emporter cinq valises pleines à craquer).

Avant le départ, on peut également envisager de rire franchement des clichés que l’on peut avoir sur les États-Unis et leurs habitants, en famille ou entre amis. Cela permet notamment de passer une bonne soirée / un bon moment avant de dire au revoir tout en promettant de ne pas revenir avec 50 kg supplémentaires (nul doute que l’aspect nourriture en Amérique fera l’objet de plusieurs articles dans les mois à venir). En arrivant sur place, on se rendra alors compte que ces clichés ont peut-être une part non négligeable de vérité, ce qui, dans certains cas, pourra transformer le rire franc en sourire un peu apeuré.

Chaque expérience est unique. Le lieu d’affectation, le type d’université et la personnalité de chacun font qu’il est impossible d’émettre des généralités.

Chaque expérience est unique, donc. Mais à moins de subir le passage de cinq tornades en moins de 72 heures, de côtoyer plus de bisons que d’êtres humains pendant huit mois, ou d’être vraiment désespéré à l’avance de ne plus pouvoir suivre le JT de Jean-Pierre Pernaut à 13 heures à cause du décalage horaire, il n’y a aucune raison que toutes les expériences, aussi uniques soient-elles, ne soient pas extraordinaires et enrichissantes (pas financièrement, évidemment, à cause du road trip dans l’ouest américain et du séjour sur les plages de Floride qui auront ponctué l’année).

Aussi, c’est avec un véritable empressement que je (mais cela est valable pour tous ceux qui sont à quelques jours du départ, soyez-en certains) compte les jours avant le début de cette nouvelle aventure (et avant la fin des plateaux de fromages dégustés avec du pain frais et croustillant).

NW

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