Le long parcours des FLTA avant leur départ

Les assistants de français Fulbright 2015-2016 – Journée d’orientation du 30 juin à Paris

Ça y est ! Dans 3 jours, je m’envole pour San Francisco, comme 4 autres assistants, afin d’assister à la « Summer Orientation » de Stanford University, orientation qui, si l’on en croit le témoignage d’une de mes collègues, promet d’être mémorable.

Ce ne sera pas ma première fois sur la « West Coast ». Il y a deux ans, j’ai participé à une « Summer Session » (court trimestre d’été) à UCLA (University of California Los Angeles). C’est lors de cette première longue immersion dans une culture différente que j’ai découvert ma passion pour les langues et les cultures étrangères. Alors que je m’orientais vers le métier de psychologue (j’en étais d’ailleurs à ma 4e année d’étude), j’ai décidé de tout arrêter et de m’orienter vers le FLE (Français Langue Étrangère : enseignement du français à des non-francophones).

J’en profite pour adresser un message à ceux qui souhaiteraient postuler au programme Fulbright FLTA : faites-le même si vous ne pensez pas avoir le profil parfait pour être assistant de langue. Parmi les 28 assistants à partir aux États-Unis cette année, nombreux sont ceux qui n’ont jamais étudié le FLE. Sociologie, droit, histoire, langues, sciences politiques, communication, anthropologie, cinéma… de nombreuses filières sont représentées, et c’est tant mieux ! Il faut savoir que le rôle d’un assistant de langue Fulbright n’est pas seulement d’enseigner sa langue maternelle mais aussi de transmettre la culture de son pays. Nous sommes des ambassadeurs de notre culture, telle qu’elle est à une époque donnée. Pour remplir cette fonction, pas besoin d’être un expert en FLE donc. Et puis un dernier point : ne vous découragez pas ! La procédure de candidature demande du temps et de l’énergie : un dossier de candidature comprenant 3 essais en anglais, 3 lettres de recommandation, un CV en français et en anglais, le TOEFL, une traduction des relevés de notes de licence,  mais cela vaut le coup de s’investir. Prenez-y vous bien à l’avance pour ne pas rendre ce passage obligé plus difficile qu’il ne l’est. Ne vous découragez pas également si vous n’êtes pas retenu du premier coup. J’ai pour ma part postulé une première fois l’année dernière et je n’ai pas été retenue après l’entretien de sélection. J’ai retenté ma chance cette année, en préparant beaucoup mieux l’entretien, et cela a fait la différence !

Mais revenons à nos moutons. Je disais que l’aventure allait commencer dans quelques jours. Officiellement. Mais en réalité, elle a commencé il y a bien longtemps ! Car à partir du moment où l’on est admis sur liste principale, tout s’enchaine : visite médicale, démarche administrative pour l’obtention du VISA J1, classement des universités proposées, etc. Nous sommes donc pleinement acteurs dans la préparation de notre départ, et en même temps très bien assistés par les responsables du programme de la Commission Franco-Américaine, dont l’organisation, il faut bien l’avouer, est irréprochable.

Ce n’est que lorsque nous sommes enfin admis dans une université américaine précise que nous sommes entièrement sûrs de pouvoir partir. À partir de ce moment-là, une phase très importante de l’aventure débute, celle de l’imaginaire, de la projection. Nous contactons les futurs superviseurs de notre université d’accueil, qui nous en disent un peu plus sur l’établissement et sur nos différentes fonctions en son sein. Pour ma part, ces premiers échanges laissent présager un très bon accueil sur place. Nous pouvons aussi commencer à imaginer ce que sera notre vie sur place : les cours que nous suivrons, les activités sportives que nous pratiquerons, les clubs que nous intégrerons, etc. Nous commençons également à nous projeter de manière plus concrète dans notre rôle d’assistant et à préparer notre (tout) premier cours. Cette phase est très excitante, et je dirais même nécessaire. On peut aussi lire tout ce qu’on peut trouver sur notre université, regarder toutes les photos et vidéos disponibles sur internet. J’ai personnellement choisi de ne pas trop étendre mes recherches. J’ai envie de laisser une grande part d’inconnu, de me laisser surprendre, et d’apprendre sur place au contact des locaux.

Jusqu’à présent, mon moment favori dans cette aventure, est sans nul doute la journée (et demie) d’orientation organisée par la Commission Franco-Américaine à Paris. C’est là que tout devient réel. Nous rencontrons les autres assistants sélectionnés, nous partageons nos envies, notre impatience, mais aussi nos appréhensions. Nous cherchons soutien et idées auprès des plus expérimentés. Plusieurs réunions se succèdent tout au long de la journée, chacune traitant d’un sujet spécifique (la vie universitaire aux USA, le rôle de l’assistant de français dans une université américaine, l’enseignement du FLE, etc.). Nous en profitons pour poser des questions, et c’est assez rassurant de voir qu’on se pose tous plus ou moins les mêmes. Quelques anciens lauréats fraîchement revenus de leur voyage sont présents. C’est les yeux encore pleins d’étoiles qu’ils nous apportent leurs témoignages. Grâce à eux, tout devient très concret et terriblement excitant. Nous mesurons la chance que nous avons et l’impact qu’aura cette expérience sur notre vie. À les écouter, on a l’impression qu’elle a changé la leur.

La question la plus fréquemment posée lors de cette orientation restera sans doute : « Tu pars où ? ». Moi, je pars à Wabash College, dans l’état de l’Indiana. C’est un « college » de 900 étudiants dans une ville de 16000 habitants. Ah, j’oubliais. C’est un établissement pour hommes seulement. Vous imaginez bien que, quand je raconte cela à mes amis, ils me prennent pour une folle. Il est vrai qu’au début j’étais plutôt réticente à l’idée d’aller là-bas. Mais finalement, les particularités de Wabash College ont fini par éveiller ma curiosité.  Car si nous sommes les ambassadeurs de notre propre culture à une époque donnée, nous sommes aussi les témoins de la culture américaine à ce même moment. Je suis donc honorée d’être le témoin d’une des 3 dernières universités non-mixtes des États-Unis !

Aude S.

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