De la prise de parole en public dans une langue étrangère

J’aimerai d’abord m’excuser. M’excuser de n’avoir pas écrit sur ce blog depuis mon court séjour à l’ambassade américaine l’été dernier. J’ai eu l’honneur d’être l’auteur du premier article de ce blog mais je n’ai évidemment pas été à la hauteur (ni l’auteur) des autres articles de ce blog que je retrouve bien fourni quelques mois plus tard. Mais je ne m’attarderai pas plus longtemps sur cette introduction hasardeuse et vaseuse (de par son humour) car, si je reprends le clavier, c’est pour vous parler d’écriture et de prise de parole dans une langue étrangère.

Ecrire à toujours été pour moi une façon de libérer mes pensées. Ecrire m’a permis d’afficher, avec authenticité, mes idées, mon imagination, ma créativité et mon histoire… Bref, écrire a toujours été pour moi un exercice libérateur, qui me permet de m’élever, de me découvrir et qui par ailleurs m’apporte beaucoup de joie.

J’ai un rapport un peu plus compliqué avec la prise de parole. J’ai toujours aimé m’exprimer, je me sens dans mon élément quand j’échange avec d’autres individus sur des tons plus ou moins sérieux. J’aime rencontrer de nouvelles personnes et entamer une discussion avec eux tout comme j’aime prendre la parole en public de diverses manières. Mais voilà, même si je donne l’illusion d’être plutôt détendu (et je le suis de plus en plus avec le temps), prendre la parole, d’autant plus si l’assistance est nombreuse, a toujours été quelque chose d’éminemment intimidant pour moi.

Mon corps tremble, mes mains sont moites, j’ai l’impression que je vais à l’échafaud… Et pourtant, je reproduis l’expérience, aussi souvent que je le peux, parce que, après avoir délivré à la foule mes premiers mots, je ressens une euphorie profonde. Ce sentiment ne m’envahi pas parce que j’ai l’impression que l’assistance est suspendue à mes lèvres mais plutôt parce qu’une fois encore, j’ai affronté ma peur et l’ai terrassé de mes mots. L’adrénaline se répand en moi comme un feu de forêt et me fait trembler d’avantage mais je suis heureux de brûler, et cette joie, cette adrénaline, ce stress me font le plus souvent réussir mes prestations bien mieux que lorsque je les répète seul dans ma chambre.

Et maintenant imaginez le même défi mais dans une langue étrangère que je ne maîtrise pas complètement et que je prononce bien souvent de manière hasardeuse. Les sensations que je dis ressentir plus haut sont décuplées et jusqu’alors cela m’a plutôt mené à réussir mes prises de paroles en public dans la langue de Shakespeare. Parce que oui, je me suis essayé à la prise de parole en public dans cette langue  musicale qu’est l’anglais. Mon travail de recherche m’avait d’abord poussé à le faire lors d’entretiens, de discussions ou d’autres types d’expériences de terrain impliquant lobbying ou la sensibilisation du public à certaines problématiques entre autres. J’ai ensuite eu l’occasion d’intervenir lors de conférences ou au sein de panels pour exposer mon travail entre autres. Mais le véritable défi s’est présenté quand je me suis mis à m’essayer à l’exercice du débat fictif et du rap/slam en anglais. L’étape suivante sera de m’essayer au stand-up mais je considère que le plus dur dans une langue étrangère, c’est de faire rire, je me laisse donc encore un peu de temps avant de relever ce défi.

En attendant, voilà le premier slam que j’ai écrit et déclamé en anglais. C’était en octobre dernier au Muslim Writers Collective de New York. J’espère que vous l’aimerez et d’autres seront publiés régulièrement (si je ne disparais pas à nouveau).

A journey with the Voiceless:

The Voiceless was brave
But she didn’t has a voice to brag
I was walking with her hand in hand
In the farthest country of Malik
And she bested me in the endless sand
Till we met the sphinx, Guardian of the relic
Smiling it asked: « what animal walk with billions foot and desacralize earth »
The Voiceless remained Voiceless
and it was for the best

Indeed, It’s dangerous to let the sphinx out of the Pandora bag.

The Voiceless was strong
But he didn’t has a tongue
to offense
We walked, or was it a really long dance, Wandering through the blue savannah, unbalanced
Till we reached The sapphire mountain.
Where the mighty sphinx was waiting
He said « Ya Musafar, ô traveler
what animal walk with billions foot and desacralize earth
Say the truth and you might avoid death »
The Voiceless remained Voiceless
Me too and it was for the best

But still, it’s hazardous to put a sphinx among us pigeons

The Voiceless was rare
and her words were even rarer
That saved us all but doomed the two of us for something harder
A journey into the valley of the death
A baleful ballet
At least the cat like beast was gone
But Walking this choreography I realized I wasn’t done
thinking….
« what animal walk with billions foot and desacralize earth »
I said without noticing I was thinking out loud
But the Voiceless remained Voiceless
And for a bit more it was for the best

We should never say « Look what the sphinx’s dragged in! »

The Voiceless was mysterious
and his thoughts were mischievous
But also viperous as was the tail of the sphinx
But spending such a long time with this wordless being
We wanted to understand him as the journey was ending
So we started another one
To his very mind, deep down
And there we found the Sphinx
That asked smiling, « Has the sphinx got your tongue? »
At the end of the day, it’s fearful to try to figure out the true nature of man

And by the very words of the Sphinx,
the Voiceless was given a voice
The first thing he did was to shout
she shouted during many moons
and his voice was so strong
that it shattered earth and dried oceans

Stone Ocean.
She or he or it or us (whatever) are walking on a stone ocean
And the skulls of our ancestors are here
Deep down in the roots of mother earth
Voiceless
Waiting for the loud judgment of the Merciful

 

IB

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s