(Paris,) Texas (SUSI SSE UIUC, 3/6)

Après deux semaines passées sur le campus de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, nous avons découvert (et apprécié) un autre aspect de notre séjour, un voyage d’étude (study tour) de Fort Worth à San Antonio, sur les pas de J. Wayne et de D. Crockett. Nous vous proposons donc cette semaine un carnet de voyage en partie cinématographique pour vous rendre compte de notre périple au cœur du Lone Star State.

Lundi 4 juillet – Happy Fourth! … Independance Day

En quoi consiste l’identité américaine ? En ce jour de fête nationale passé dans nos friendship families (et à boucler nos valises), les réponses suivantes se sont rapidement imposées à nous.

Julie – « J’ai eu la chance de participer lundi, en tant que volontaire, à la parade du 4 juillet. Penny, jeune retraitée active de la communauté d’Urbana-Champaign, est venue nous chercher dès 8 h – moi et quatre autres membres de notre groupe SUSI. Après deux heures trente passées à gonfler d’immenses ballons, nous avons rejoint le cortège avec appréhension et excitation. Au rythme de la fanfare, nous avons défilé dans les rues d’Urbana, pleines de monde, où chacun arborait un accessoire ou un vêtement aux couleurs du drapeau américain. Cette expérience, cette sensation de faire corps avec l’ensemble de la communauté d’Urbana-Champaign et de comprendre enfin la force de la nation américaine, a été pour moi l’une des plus émouvantes de ces trois premières semaines : la fierté partagée de faire partie d’une même famille, malgré les différences d’origine, sociales ou ethniques. Merci Penny pour cette merveilleuse expérience et le repas partagé le soir avec ta famille et tes amis ! »

Claire – « J’ai passé la journée avec Emanuel et Katie, leurs deux enfants Lucy and Toby, et un collègue de notre groupe. Nous nous sommes tout d’abord montrés d’enthousiastes spectateurs de la parade – un bord de route qui m’ont rappelé ceux du Tour de France ! Pendant plus d’une heure, divers groupes – orchestres scolaires, associations sportives, services publics, partis politiques, entreprises – ont démontré par leur présence la vitalité des corps intermédiaires et de la société civile états-unienne. L’après-midi, plus tranquille, m’a permis de partager le quotidien d’une famille : sieste, cueillette de mûres, préparation du repas du soir (crêpes incluses !). Le second moment de partage, voire de communion, autour du drapeau stars and stripes a en effet été le feu d’artifice clôturant la soirée (pique-nique et concert en plein air sur les pelouses de l’université). Ce 4 juillet a été synonyme d’une citoyenneté ouverte et festive, loin des difficiles jours qui ont suivi pour la société américaine.

Mardi 5 juillet – Fort Worth – « Dallas […] sous ton soleil impitoyable … »

– I’d like an espresso, sir. – We don’t serve espressos here, Ma’am. – A coffee then? – Imposssible. Here we serve only alcohol. (premier échange d’une de nos collègues à l’aéroport)

37,2° le matin … au moins … et toute la journée, en fait … Nous avons vaillamment bravé la chaleur pour flâner autour de Sundance Square à Fort Worth, centre historique de cette ville ouverte sur l’Ouest, qui se métamorphose depuis plusieurs années sous l’effet d’une politique volontariste de redéveloppement urbain visant à attirer yuppies 2.0, amateurs de take out en journée et de clubs de jazz en soirée.

Claire – « Quelques heures de liberté dans l’après-midi. En quelques minutes j’étais arrivée au Arts District, hésitant entre les nombreux musées à visiter. Mon choix s’est finalement – et heureusement – porté sur le Amon Carter Museum of American Art, dont les murs flambant neufs abritent les œuvres de peintres tels que Remington et Russell, dont l’œuvre est majeure pour comprendre la construction de l’imaginaire collectif de l’Ouest américain.

Le jour d’après – ou la chevauchée fantastique

Marshal Curly Wilcox – You can find another wife. Chris – Sure I can find another wife. […] I can find another wife easy, yes, but not a horse like that. » (la Chevauchée fantastique, 1939)

Toujours 37,2° le matin … en route cependant pour le quartier historique des anciens Stockyards, qui continuent de célébrer la longue tradition du ranching et des abattoirs de l’âge industriel. On y trouve encore un rodéo par semaine et des cowboys, main gauche sur le pommeau de la selle, main droite agrippée au téléphone portable. Tous les jours à 11 h 30, un convoi de longhorns rejoue une partie du glorieux passé de la ville. Même si pour notre guide, il n’y a pas de touristes au Texas – seulement des invités -, la matinée s’est terminée par l’achat de bottes et / ou de chapeaux ad hoc !

(intermède : quelques longueurs dans la piscine de l’hôtel)

16 h 30 : early dinner at the Babe’s Chicken Diner House. Le rêve américain, c’est aussi ses découvertes culinaires et ses portions pantagruéliques …

Julie – Marshall Creek – Grapevine Lake. « Fin de journée, chaleur torride et une nouvelle expérience à vivre. Enfilez vos bottes, votre jean et votre Stetson! Nous voilà partis pour une ballade à cheval dans la campagne texane. Senteurs délicates de fin de la journée mêlées aux odeurs de la végétation … et les lucioles qui marquent l’arrivée du crépuscule. »

Jeudi 7 juillet – Austin power!

Nouvelle visite de deux institutions majeures de la vie politique états-unienne après Springfield : la bibliothèque présidentielle L.B. Johnson et le Capitol Building de l’Etat du Texas.

Julie –  A la fin de son mandat, chaque président, depuis F.D. Roosevelt, fait construire une bibliothèque, à la fois musée et centre de recherches. Celle que nous avons visitée retraçait le quotidien présidentiel à la Maison Blanche et rappelait l’oeuvre de L.B. Johnson tant du point de vue de la politique intérieure que sur la scène internationale. L’ancien président y est célébré pour les nombreuses mesures qu’il a mises en place afin de démocratiser le rêve américain – Civil Rights, Medicare-Medicaid, Education Act – sans que les difficultés de son administration lors de la guerre du Vietnam soient occultées. L.B. Johnson occupe une place particulière dans l’histoire politique locale : né au Texas, il y a étudié et enseigné avant d’y débuter sa carrière politique. Il est donc considéré comme le premier président made in Texas.

Claire – Everything is bigger in Texas. Cette devise s’applique particulièrement au complexe législatif et administratif localisé dans et autour du Capitole. Pas moins de six drapeaux (France, Espagne, Mexique, Texas, Confédération, Etats-Unis) pavent le sol de l’entrée de l’édifice, rappelant l’histoire tourmentée de cette Frontier hispanique des Etats-Unis, tandis que les statues des pères fondateurs de la nation texane permettent de donner du sens à la toponymie d’Austin (Stephen F.) ou de Houston (Sam). Et la coupole qui couronne l’édifice est si haute que la statue de la Liberté pourrait y prendre place !

Vendredi 8 juillet – Remember Alamo !

« I can call on you in the name of Liberty, of patriotism and everything dear to the American character […]. » (William Barrett Travis, lettre envoyée depuis fort Alamo, 24 février 1836)

Dernière étape de notre road trip, mais pas la moins impressionnante. Deux heures n’ont pas été de trop pour comprendre et honorer les Texans combattant jusqu’à leur dernier souffle afin d’obtenir leur indépendance. A notre grand étonnement, D. Crockett, « l’homme qui n’a jamais peur », venu du Tennessee, était l’un d’entre eux ! Ancienne mission catholique espagnole, le fort – dont le nom vient de l’espagnol et signifie peuplier – était le centre symbolique de la ville coloniale de San Fernando (devenue par la suite San Antonio), avant de devenir le lieu d’une bataille considérée comme fondatrice de l’identité et de la nation texanes. En 1845, après neuf ans d’indépendance, le Texas devient un Etat,  inaugurant et illustrant la manifest destiny de la conquête de l’Ouest.

Promenade et croisière le long de la San Antonio River ont pour le reste de la journée permis de prendre la température (en fait, toujours 37,2°) d’une métropole touristique animée et aux couleurs presque tropicales.

Julie – Pour résumer : Texas ! Ses plaines, ses cowboys, le seul Etat où fumer est interdit dans de nombreux endroits, mais où le port d’armes est autorisé. Quoi de mieux pour explorer le rêve américain que cet Etat du Sud des Etats-Unis marqué par une forte identité américaine mais aussi par une population et une culture latino. Etat des contrastes, aux campagnes marquées par un vote majoritairement républicain et où les villes comme Dallas, San Antonio et surtout Austin sont des îlots démocrates attirant une population toujours plus jeune, éduquée et attirée par l’héliotropisme, où le coût du foncier et l’esprit d’entreprise permettent aux start-ups de se développer loin des côtes Est et Ouest. C’est ainsi que le Texas se présente à nous : terre conservatrice et d’innovations à la fois, incarnant toutes les facettes de l’identité américaine, aussi contradictoires qu’elles soient.

Samedi 9 et dimanche 10 juillet – Chicago, the windy city

Quel contraste (thermique) entre le Texas et les Grands Lacs, entre les étendues de terre agricoles  et la densité des gratte-ciels, entre la vitesse de l’avion et du train ! Le retour à Champaign-Urbana a été ponctué par une dernière étape dans la ville d’Al Capone et des Incorruptibles qui a surpassé toutes nos attentes : du Loop au Navy Pier, de la Chicago River au 96ème étage du Hancock Center, seule nous a manqué .. la victoire des Bleus à l’Euro!

Julie Bonin (lycée François Villon, les Mureaux) et Claire Ravez (lycée Fabert, Metz)

 

 

 

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