La cérémonie de remise des diplômes à Yale Law School

La cérémonie de remise des diplômes à Yale avait une tonalité spéciale en ce lundi 22 mai 2017. Elle marquait la fin d’un cycle d’études pour la promotion la plus diverse de l’histoire de l’école mais également la fin du mandat du doyen de la Law School. Robert C. Post ‘77 (1er Juillet 2009 – 1er Juillet 2017) a tenu à transmettre à son successeur, Heather Gerken, première femme à ce poste, les deux bâtons de la Law school, symboles des origines et des valeurs de la plus prestigieuse école de Droit du pays mais aussi de l’autorité sur ses étudiants.

Dans son discours, le doyen a rappelé aux diplômés qu’ils devenaient, à partir de cet instant, celles et ceux qui allaient devoir prendre leur responsabilité dans la tâche que l’époque leur impose. Il a insisté sur l’intolérance croissante qui menace la simple coexistence au sein de la société, la tentation de ne plus accorder aux faits objectifs la place qu’ils méritent et la perte de confiance voire la méfiance envers les experts. Il a ainsi appelé cette nouvelle génération de leaders à s’impliquer en politique en ce qu’elle a de plus noble, c’est-à-dire au contact des citoyens afin de créer du lien et à terme de rendre sa juste place à la science et au savoir, notamment au sein du gouvernement où leur leadership et leurs connaissances seront cruciaux. Il a enfin et peut être surtout parler de l’amour qui devait guider les diplômés, soulignant son importance au cœur et à l’origine du lien juridique.

John Lewis, leader dans la lutte pour les droits civiques et représentant de l’Etat de Géorgie, a appelé les diplômés à avoir le courage de rendre justice à ceux qui en ont besoin. De l’audace, Lewis en a fait preuve au moment de s’engager contre les discriminations, revendiquant jusque sa désobéissance envers ses propres parents qui l’imploraient de ne pas avoir de problèmes. L’appel de Martin Luther King et l’exemple de Rosa Parks étaient puissants et l’ont inspiré pour l’histoire. Il a dressé la lutte contre les injustices en obligation morale et a imploré la nouvelle génération à la poursuivre à chaque pas.

Le Pr. Anne Alstott ’78, a fait plonger l’audience aux origines de la profession d’avocat. La conquête normande s’est accompagnée de la domination de la langue française dans les requêtes de l’Angleterre médiévale. Faute de système éducatif, les individus ne pouvaient ni lire ni écrire. Le formalisme revêtait la forme orale. Des formules devaient être prononcées sous peine de nullité de la procédure. Les requérants se sont alors progressivement entourés de proches au tribunal qui étaient plus informés et mieux à même de les rassurer. Plus tard, ces derniers, qualifiés de conteurs, furent autorisés représenter les requérants en prononçant les formules en leur nom et pour leur compte. La naissance de la profession d’avocat est née de l’usage de la langue française en terre britannique. Quel meilleur exemple des influences fructueuses !

  • Kamel Ajji, Doctorant Fulbright à Yale Law School
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