Nouvelle vie à Boston !

Charles Herbaux, Chercheur Fulbright-Monahan, 2018-2019 ; article coécrit par Camille Herbaux

Voilà bientôt 6 mois que nous sommes partis, que nous avons quitté le Nord de la France. Quel changement ! Quel bouleversement ! 

Comme vous le savez, nous avons la chance d’être une famille « Fulbright » :

  • Charles, le papa, médecin-enseignant-chercheur dans le domaine de l’hématologie, est ici un post-doctoral research fellow, en clair, il cherche des traitements contre la leucémie
  • Camille, la maman, chirurgien-dentiste, est ici femme au foyer, son diplôme français n’étant pas reconnu aux USA
  • Clémence, l’aînée, 7 ans et demi, Solène et Pierre, nos 2 moyens, âgés de 6 ans et 4 ans et demi et Victoire, la benjamine de 2 ans et demi

En octobre 2018, nous sommes donc partis à 6, avec nos 7 valises, direction Boston. Et cela pour 2 ans. Après un faux départ (4h d’attente dans la salle d’embarquement, vol annulé, 2 nuits à l’hôtel, 2880min de stress avec les 4 petits à Roissy) nous voilà sur le territoire américain. Premier passage obligé : la douane ! Cela nous met dans l’ambiance, on n’est pas là pour rigoler. Les formalités se passent bien malgré tout. Maintenant taxi/maison/dodo.


Grâce à Constance et Guillaume, un couple français qui vit à Boston depuis un an avec leurs 3 enfants, nous avons notre appartement le jour de notre arrivée ! Quelle joie ! Cependant, il est 23h (donc 5h du matin en France) et après un petit déjeuner par terre, nous devons employer toute notre énergie à diminuer le niveau sonore produit par les enfants entre 4 et 7h du matin…

Nous vivons la semaine suivante un peu comme dans le brouillard… C’est notre nouvelle vie, c’est bien notre chez nous mais ce n’est pas encore notre chez nous. Tout est nouveau, tout est « une première fois » donc tout est compliqué. À cela s’ajoutent nos enfants qu’il faut gérer et occuper 24h sur 24 pour le moment ! Nous avons fait le choix d’habiter à Brookline, une petite ville à côté de Boston (15 minutes en tram).

Le Dana Farber Cancer Institute, laboratoire de Charles, est à 10 minutes à pied de la maison. Le quartier est très joli et calme. Il y a des commerces, des parcs, des arbres partout, de jolies maisons. Nous nous y sentons vite en sécurité. Juste un petit bémol : l’odeur de friture est omniprésente dans le quartier des commerces appelé Brookline Village, et ce à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. L’adaptation est rapide. Ce n’est pas le Vietnam non plus (où Camille y a vécu 4 ans dans son enfance), mais il faut retrouver ses marques, ses repères et recréer une routine, un quotidien où les enfants se sentiront bien. L’école publique américaine (5 min à pied de l’appartement) où doivent aller Clémence et Solène est d’un très bon niveau. Et surtout, ses professeurs sont habitués à accueillir des enfants qui ne parlent pas ou peu l’anglais.

Nous sommes arrivés un peu avant Halloween. Quelle joie pour les enfants de déambuler dans les rues de notre quartier pour glaner des bonbons et autres chocolats ! Et quel accueil des Américains. Ils sont vraiment très friendly et nous nous sentons vraiment membres à part entière du quartier.

Entre les vaccinations à traduire (et à refaire pour coller au calendrier vaccinal US), les deux preuves de domicile à fournir ainsi que l’accord écrit du propriétaire… nous avons quasiment mis un mois à ce que nos deux aînées puissent rentrer à l’école ! L’école publique ne commençant qu’à 5 ans, nos deux plus petits vont dans un day care (fusion entre une garderie et une classe de maternelle) 3 jours par semaine à prix d’or (1000$ par enfant et par mois !). Mais tout le monde en a besoin : eux pour se faire des amis, apprendre la langue, participer à des activités et Camille pour avoir un peu de temps libre et s’occuper de la maison.


Donc les deux grandes sont dans une école avec 5 classes par niveau, 20 élèves par classe, la maîtresse et une aide dans chaque classe. Elles sont choyées et bien entourées, elles ont d’ailleurs des cours d’anglais en plus avec d’autres enfants d’expatriés. Mais ce n’est pas facile tous les jours, Solène notamment est dans une classe où absolument personne ne parle ne serait-ce qu’un mot de français. Il y a donc parfois des pleurs le matin avant de partir.


Pour Charles, les débuts sont aussi compliqués. Il faut faire face à la langue. Nous n’avons que notre bagage de l’apprentissage de la langue au collège-lycée ! L’anglais scientifique c’est une chose, mais avec ses collègues, il faut suivre d’autres types de conversations. Résultat : mal de tête en rentrant… Il nous dira rêver plusieurs fois en anglais les premiers jours. 
L’accueil de son équipe de recherche a été très chaleureux et nous avons été invité dès le premier week-end à un apple picking. Cela nous a permis de rencontrer l’équipe et de mettre tout de suite des visages sur les prénoms. C’est agréable ! Les recherches de Charles se concentrent sur la recherche de nouveaux médicaments contre la leucémie pro-lymphocytaire T ainsi que contre les lymphomes agressifs. Vous trouverez ci-dessous un lien vers la page web de Charles au Dana Farber Cancer Institute qui explique cela plus en détail :

https://davidslab.dana-farber.org/charles-herbaux-md.html

De son côté, Camille a fait des recherches sur comment exercer le métier de chirurgien-dentiste malgré les différences de diplômes. Il existe une équivalence mais celle-ci demande 3 ans et nous ne resterons que 2 ans… Elle est donc temporairement devenue maman au foyer. A priori c’est assez courant ici pour les conjoints de post-doc (homme ou femme). Et il y en a pas mal à Brookline, de toutes origines. Ils se retrouvent parfois, une chirurgien esthétique japonaise, un généraliste canadien et une dentiste française donc. Cela permet de ralentir un peu et de mieux profiter des enfants, mais pas que ! Camille est passionnée de yoga, et par chance il y a un centre à cinq minutes de chez nous !

Au niveau des choses moins agréables, il faut préparer les lunchboxes de la famille ! On se rend compte à quel point les repas sont différents culturellement ici. La plupart des personnes mangent en continu sans faire de vrai repas, il n’y a d’ailleurs pas de pause déjeuner instituée comme en France. On le voit surtout à l’école où les enfants prennent un snack à 10h puis un repas plus léger à 12h. C’est assez perturbant, sachant qu’en France, ce snack a été interdit depuis plusieurs années pour lutter contre le surpoids. Au final, nous avons trouvé notre équilibre au niveau alimentaire, même si le fromage et le pain français nous manquent un peu.

En plus des nombreuses rencontres dans la communauté francophone à Boston, nous avons créé des liens d’amitié avec une famille américano-allemande, une japonaise et une algérienne ! Cette diversité culturelle est très enrichissante ! Et les enfants en profitent à fond. Ils parlent maintenant un peu anglais entre eux, ou en espagnol, qu’ils apprennent également en classe. Nous les retrouvons même parfois s’amusant à écrire en caractères chinois. Pas sûr que ce soit lisible mais ça n’est pas moins joli. Solène illustre très bien cette diversité, avec ses deux grandes copines de classe : Shiho et Nour.

Nous profitons aussi des divers lieux culturels à Boston. En effet, il y a de nombreux musées et visites disponibles. Impossible de tout décrire, mais après concertation avec les 6 membres de la famille, voici notre shortlist : le musée des sciences et son T-rex géant, l’aquarium et ses requins, le musée Isabella Stewart Gardner et son jardin d’hiver, le campus de l’université d’Harvard et son musée d’histoire naturel, le freedom trail et… la food court de Quincy Market !

Et bien sûr, comment parler de Boston sans évoquer ses fameux snow storms ! Nous pensions que ce terme désignait des « tempêtes de neige » mais il s’agit plutôt d’importantes chutes de neige. Cet hiver a été assez clément d’après nos voisins, mais nous avons quand même expérimenté trois ou quatre épisodes de snow storm. Pas d’école ces jours-là et direction les playgrounds pour de mémorables batailles de boules de neige ainsi que des séances de sculptures sur neige. Le climat nous a surtout surpris par sa variabilité. Un petit exemple : -14°C le jour de Thanksgiving et +14°C le lendemain… Mieux vaut regarder la météo avant de s’habiller !

Nous avons fait le choix de ne pas avoir de voiture. C’est écologique et économique ! De plus, l’école et le laboratoire de Charles sont vraiment proches de chez nous. Pour nos escapades, il est très facile de louer une voiture pour pas cher. C’est ainsi que nous sommes partis au Canada à Noël, où nous avons rendu visite à un cousin et sa petite famille. Nous avons visité Montréal et « Québec city », Portland, Cambridge, puis New York pour un long week-end. Une virée à Cape Cod est également prévue à Pâques.  Nous mesurons notre chance de pouvoir profiter de tout cela et de l’offrir à nos enfants.

On peut enfin dire : 6 mois, so far, so good ! Les enfants (et les parents !) se sont fait des amis, notre routine est bien en place. Maintenant, Charles doit trouver un médicament top contre ces foutues maladies ! Camille devient une pro du yoga, ça maintient la forme et c’est utile pour rester zen au sein d’une famille nombreuse ! Dans un an et demi, nous rentrerons en France. En attendant, nous avons encore quelques amazing aventures à vivre et de beaux souvenirs à créer, et à raconter.

Une réflexion au sujet de « Nouvelle vie à Boston ! »

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